Quelques flashes sur trois heures très riches et non résumables, à l’ENSAM le 13 décembre. Merci à Carlos Diaz et William Peres qui ont en plus publié sur l’événement : lisez le post de William et le post de Carlos, tous les deux très complets. J'y ajouterai ici quelques notes personnelles.
Carlos a tout de suite cerné son auditoire : des « techniciens » certes, ne s’en laissant pas facilement conter sur le paradis web 2.0, mais prêts à comprendre les aspects organisationnels et culturels de l’efficacité collective, et les vrais enjeux des nouveaux modes de travail. Carlos a entretenu un énergique dialogue avec les étudiants ; petit festival de citations, toutes en réponse à des questionnements :
« on a trop demandé aux outils informatiques [pour la recherche d’informations] : on n’obtient non plus des réponses mais des individus qui pourront nous aider à trouver la réponse », en bref -j'interprète-« nous aider à réinventer une roue » ;
« prendre la parole fait qu’on se construit une identité numérique ».
« l’informatique n’est qu’un outil pour mettre en relation des individus ».
«D’après Marc Prensky [son livre, voir aussi cet article de Louis Naugès] il y a trois générations d’individus dans l’ère digitale : les analogues, les immigrés, les natifs (vous). Que se passera-t-il quand les analogues seront à la retraite ? Votre plus grand risque est l’acculturation »
« dans une entreprise de plus en plus éclatée on a de plus en plus besoin de l’intelligence de l’autre, et pour l’avoir, on est obligé de donner la sienne »
(je ne peux résister au plaisir de reproduire dans un des commentaires un petit dialogue significatif).
William a ensuite témoigné, sur le hic et nunc de l’efficacité collective, chez Dassault Systèmes ; l’équation : Smarteam + Bluekiwi = Smartkiwi. Les enjeux : Gérer les différentes : cultures, langues, niveaux, fuseaux horaires ; améliorer la communication interne dans un contexte de véritable spam interne par utilisation abusive de la messagerie (vous qui me lisez, ça ne vous rappelle rien ?) ; augmenter pour chacun le sentiment d’être utile à la communauté –de « compter »-, que ses avis et ses expertises soient (re)connus…
William a aussi fait s’exprimer les étudiants sur les motivations qui poussent à ne pas échanger (en constatant avec humour qu’ils s’étaient assis à partir du 6ème rang dans l’amphi). Réponses classiques mais c’était important qu’ils le disent eux-mêmes. Notes en vrac sur ce qui est après un an un succès (mon post est déjà trop long !) :
- choix de ne pas modérer : gagnant car il y a bien un effet de déversoir du trop-plein au début, mais qui se calme vite
- importance d’un groupe de choc très actif et très suivi au démarrage, pour servir de noyau –comme dit Richard Collin- à la boule de neige des connaissances et des relations
- la publication collective de notes personnelles facilite l’émergence du réseau d’individus sous le réseau des contenus
- les indicateurs « communication interne » et « sentiment de compter » s’améliorent
- mais : pas de diminution du nombre de mails ;-)
Alors merci à Carlos et William, et à l'année prochaine je l'espère.




