Le thème du "téléphone sonne" du 23 octobre (pour réécouter suivez le lien) était "Université : pourquoi tant d'échecs à la Fac ? Comment améliorer la réussite en premier cycle ?".
J'y ai entendu des choses, et je n'en ai pas entendu d'autres... qui me font réagir :
- le modèle souvent cité pour améliorer la situation est celui des classes préparatoires, basé sur l'infantilisation des étudiants (34 heures de cours par semaine pour être sûrs de bien les cadrer et que tout le monde apprenne la même chose) et le bachotage. Edifiant.
- pas un mot sur l'ambiguité du statut de la plupart des enseignants à l'université, appelés à enseigner et qui ne sont pas jugés sur leur efficacité pédagogique, mais sur leurs publications et résultats de recherche. Ca crée un biais, pour le moins.
- pas un mot sur ce que pourraient apporter les technologies web2.0 à l'efficacité de l'enseignement (et pourtant des choses sont faites, ENT, facilités d'achat d'ordinateurs portables, etc. mais pas encore massivement). Infiniment plus efficace que toute augmentation d'horaires de cours ou de contrôles, et permettant un tutorat à faible coût.
- pas un mot sur les vertus du travail collaboratif, et les outils d'efficacité collective.
Quels rapports avec le knowledge management et les problématiques d'entreprise ?
- la pire tentation quand les choses ne fonctionnent pas est de revenir en arrière et de suivre des modèles dirigistes et déresponsabilisants.
- il est nécessaire d'adapter les indicateurs de succès et les critères de jugement des collaborateurs aux objectifs de l'entreprise -ce qui suppose bien sûr de les connaître clairement-.
- changez de paradigme, de méthodes et d'outils pour le traitement de l'information et des connaissances; investissez massivement -surtout en temps et intelligence- dans les technologies de la relation -type web2.0, en vous appuyant plutôt que sur les dirigeants -enseignants et étudiants, ceux qu'on invite à France Inter-, sur les étudiants et professeurs de base qui veulent prendre leur destin en mains. Je n'invente rien : d'autres pays le font depuis longtemps avec succès. Version pour l'entreprise : s'appuyer sur l'intelligence collective et l'énergie de vos nouveaux collaborateurs. Ecoutez-les, ils ont autant à vous enseigner qu'à apprendre de vous.
- le maître-mot en entreprise est travail collaboratif, l'obligation à l'université est le travail (+ le contrôle) individuels. Cherchez l'erreur.





